je suis l'Amazigh! Je suis l'Amazigh, l'Homme libre, le Vivant! Ma mémoire et mon souffle traversent le temps! Je n'ai pas oublié, je n'ai rien renié De mes ancêtres, ni mon verbe ni mon nom! Je suis debout, inébranlable comme l'Atlas Ma fierté, mon honneur s'élancent comme le faucon Et ne se cachent pas sous le sable comme les vipères. J'ai dans mes greniers les semences de l'espérance J'ai toujours ouvert ma porte à l'étranger Et je l'ai appelé ” frère”... Je l'ai accueilli dans ma maison Et il m'a trahi... Mais sa fourberie passe, et ma bonté demeure Ne l'ont-ils pas compris? Ils ont pris mon humilité pour une faiblesse Ils ont cru ma rusticité une barbarie Mon authenticité, ils ont en fait un sujet de moquerie Je suis resté sage et calme comme l'arganier Mes racines enfouies dans les tréfonds de ma terre Je n'ai pas bougé, je n'ai pas renoncé Ni à ma langue, ni à mon identité Mes enfants, comme des aigles, veillent sur leur nid Puniques, Romains, Vandales, Arabes, Européens... Vos châteaux de sable s'effritent et je demeure Comme un volcan le feu couve toujours dans mes entrailles! J'ai l'air paisible, vous pensez que je sommeille Mais quand soudain ma colère gronde, vous tremblez! Une femme Amazigh vaut mille de vos guerriers Demandez à Dihiya qui vous a fait la guerre D'une reine brave vous avez fait une sorcière Demandez à Tacfarinas le grand rebelle Demandez à Massinissa, et à Syphax Demandez aux enfants d'Abdelkrim le Rifain Les chants de Maâtoub clament votre opprobre Vos balles traîtresses ne nous feront jamais taire Les chants de liberté poussent, sombres coquelicots Gais et rougeoyants, comme le sang de nos héros Ils parsèment les montagnes ett les plaines de Tamazgha Chaque printemps, l'âme de Yughurta renaît Etranger! Nous ne craignons pas les longs hivers Nous avons le feu brûlant de la mémoire, et nos légendes Notre patience est intacte comme le Djurdjura Chaque saison, un chant nouveau retentit Chaque génération, une branche plus belle fleurit Sur l'arbre éternel de Tamazgha!...................